En quoi consiste t-elle ?

La Ligne Maginot se profile par des dizaines d'ouvrages d'artillerie et d'infanterie, des centaines de casemates indépendantes, des abris, des observatoires et des milliers de petits blockhaus. Emergant fièrement de nos campagnes, ces vestiges du passé ne manqueront pas d'éveiller, pour longtemps encore espérons-le, la curiosité de tous.

  1. Les ouvrages d'artillerie

    Les ouvrages d'artillerie sont de grosses fortifications très présentes en Lorraine et dans les Alpes, composés de plusieurs blocs en béton armé (de 5 à 17) reliés entre eux par des galeries à plusieurs dizaines de mètres sous terre. Profondeur jugée suffisante à l'époque, compte tenu de la puissance des armes.

    Chaque bloc a sa fonction et peut être :

    • un bloc d'entrée des hommes
    • un bloc d'entrée des munitions
    • un bloc de combat (casemate d'artillerie ou d'infanterie ou tourelle à éclipse)
    • un bloc observatoire (principalement pour guider les tirs d'artillerie)
    • un bloc mixte, associant plusieurs fonctions
    Entrée munitions
    L'entrée des munitions du Latiremont en 2005

    Les blocs d'entrées peuvent être connectés aux galeries par puit (escalier et/ou monte-charge), par plan incliné (descendant ou ascendant), ou de plain-pied (le bloc est au même niveau que les galeries). Les ouvrages d'artillerie peuvent s'étendre sur plusieurs kilomètres, d'où parfois d'interminables galeries parcourues alors par des voies ferrées de 60 cm, souvent avec traction électrique.

    Au niveau des galeries se trouve également :

    • un casernement avec chambres, cuisine, infirmerie, réserves...
    • une usine comportant plusieurs groupes électrogènes (au cas où l'alimentation électrique venant de l'extérieur serait coupée), cuves d'eau, de gasoil, transformateurs, ateliers...
    • une chambre à filtres qui constituent le système de ventilation de l'air
    • un poste de commandement avec un central téléphonique
    • un magasin à munitions principal (M1) dans certains ouvrages, et des petits magasins au pied de chaque bloc de combat
    • une multitude de câbles électriques et de tubes de ventilation
    Usine souterraine
    L'usine souterraine du Bréhain en 2005
  2. Les ouvrages d'infanterie

    Les ouvrages d'infanterie sont des fortifications plus modestes, sans artillerie, mais qui suivent le même principe d'organisation. De 2 à 4 blocs reliés par galerie sans voie ferrée, et possédant en général le même équipement que les gros ouvrages, mais en plus réduit. Un petit ouvrage peut être monobloc. Dans certains secteur, comme près de Rohrbach, aucun ouvrage d'artillerie ne pouvait soutenir les ouvrages d'infanterie (Welschhof, Haut-Poirier) qui étaient alors vulnérables...

    Les casemates d'infanterie, très nombreuses, comblent les intervalles pour garder un feu continu. Souvent dotées d'armes antichar, elles possédaient également tous les moyens indispensables pour être autonome, c'est-à-dire groupe(s) électrogène(s), systèmes de ventilation et de transmission, chambres de repos, vivres...

  3. Les observatoires

    Les observatoires sont des blocs bétonnés souvent construits en hauteur pour garantir les meilleures vues. En effet, leur mission est d'observer, d'informer et de guider les tirs d'artillerie des ouvrages dont ils dépendent, d'où leurs cloches blindées à grande vision périscopique et leurs divers créneaux d'observation. Indépendants ou reliés à un ouvrage, ils sont bien entendu équipés des moyens de communications nécessaires.

    Cloche VDP
    Une cloche observatoire VDP du bloc 1 du Hochwald
  4. Les abris

    Les abris, souvent en retrait de ligne principale de défense, accueillaient les troupes d'intervalle (parfois plus de 200 hommes). En béton, sous terre ou en surface, ces abris étaient également pourvus de diverses installations : groupe électrogène, cuisine, filtres, réserves en nourriture et en eau, infirmerie, chambres, etc. Certains possèdent des cloches GFM.

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