1940 : les combats

  1. Inutile ? Non !

    La Ligne Maginot a combattu. Affirmer qu'elle a été inutile, c'est ne pas connaître la véritable histoire de notre propre pays et le péril des hommes qui l'ont défendu au prix de leur vie. Cette fausse idée continue de perdurer dans l'esprit de beaucoup, car la défaite française de 1940, honteuse pourrait-on croire, n'est que trop vite évoquée à l'école.

    Si une guerre est inévitable, il est légitime de préparer une défense, dont la fortification est l'une des solutions largement appliquées dans beaucoup de pays à cette même époque. Il en va de la dissuasion psychologique chez l'assaillant qui doit en tenir compte et adapter des plans stratégiques en conséquence.

    Néanmoins, l'Allemagne décida d'attaquer notre "béton" dans différents secteurs, exploitant surtout les faiblesses. En effet, là où la fortification était constituée de ses zones allégées, les allemands ont pu percer et prendre certains ouvrages à revers. A l'inverse, là où les zones étaient fortes de ses gros ouvrages, aucune offensive n'a aboutie jusqu'à l'heure de l'armistice, le 25 juin 1940.

  2. Les combats

    Pour comprendre le pourquoi de ces combats, revenons au 10 mai 1940. C'est à cette date que la Wehrmacht se met en marche vers l'Ouest, avec pour objectif d'attaquer les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg. S'en suit une multitude d'offensives contre la France et sa Ligne Maginot. Mais quelle Ligne ? Nous tombons en effet sur ses points les plus faibles : des régions avec des fortifications légères car tardives, donc souvent inachevées, comme dans le secteur Ouest de Montmédy, où se déroulera la tragédie du PO de la Ferté mi-mai. Petit à petit, plusieurs secteurs se retrouvent sous la tenaille allemande. Le 12 juin s'effectue le repli général de toute l'armée française, y compris les vitales troupes d'intervalles, mais l'offensive de la Heeresgruppe C à partir du 14 juin dans la Sarre et sur le Rhin empêchent les équipages des ouvrages de se replier. Livrés à eux-mêmes, sans ordre rapide et cohérent, ils seront ammenés à combattre seuls et surtout encerclés ! Le mauvais commandement des hauts généraux français, obsolète, a largement joué en notre défaveur.

    On comprend alors les redditions de quelques petits ouvrages vulnérables, car sans soutien d'artillerie (Kerfent, Bambesch, Haut-poirier, Welschhof...). Quant aux autres, ils ne se rendront que sur ordre français, lors de la capitulation du 25 juin, sans avoir failli à leur mission.

    C'est une Ligne Maginot intacte que laissent derrière eux les hommes invaincus de la Ligne Maginot destinés à la captivité.

    Des cartes illustrant les différentes offensives allemandes seront proposées.

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